samedi 22 septembre 2007

Montréal-Québec... en une journée!

Total: 270 km
Josée Nadia, sur son nouveau vélo performant: 12 heures
Pascal, sur son vélo hybride: 13h30

On est parti à environ 6 h 15 du Plateau Mont-Royal, Josée Nadia est arrivée à la hauteur du centre-ville de Québec (coin Wilfrid-Hamel et Marie-de-l'Incarnation) vers 18 h 15, je suis arrivé aux environs de la gare du Palais vers 20h. Même pas eu le temps de profiter des routes obscures du Québec: je suis arrivé en zone urbaine à la brunante!

Evidemment, il y avait longtemps que je n'essayais plus de soutenir le rythme d'enfer de Josée Nadia. C'était d'ailleurs convenu entre nous, chacun y allait à son rythme. Jusqu'à St-Sulpice (50 premiers kilomètres), tant qu'on était en zone urbaine, j'étais capable de rester dans sa roue, et jusqu'à Trois-Rivières (avec l'aide de 2 pauses, tout de même!), je n'étais qu'à quelques minutes derrière.

On est arrivé au centre-ville de Trois-Rivières, avec 140 km dans le corps, à midi.

On en est reparti à 13h 30 et c'est peu après, à la sortie de Cap-de-la-Madeleine, qu'elle m'a distancé et qu'on ne s'est plus revu, mais de toutes façons, après Québec, elle continuait jusque chez son frère.

Son frère habite Château-Richer: ça a donc fait à Josée Nadia un grand total de 300 km!

Au lendemain de cette excursion un peu hors de l'ordinaire, on disait tous les deux qu'on n'en revenait pas de l'avoir fait... C'est vrai que quand je regarde les chiffres, je suis impressionné... pour nous deux! Ma journée la plus longue était de 250 km, mais à une allure pas mal plus pépère. Or, ici, en tenant compte uniquement de la distance Plateau-Gare du Palais (270 km) ça donne à Josée Nadia une moyenne de plus de 22,5 km / heure... incluant les pauses et le dîner!

Il y a trois ans, j'avais fait Montréal-Donnacona (45 km de moins), il m'avait fallu 14 heures... et j'avais trouvé que c'était trop trop fatiguant et que j'avais là atteint mes limites!

Evidemment, on est conscient que le trajet était idéal: aucune côte pendant les premiers 180 kilomètres. Un vent de dos ou de côté, presque jamais de vent de face. Des pointes de 34-35 km / heure pour moi, de 42-44 pour Josée Nadia. Pas évident de pouvoir aller aussi vite dans un parcours en boucle!

Et n'allez pas croire que nous soyons si maniaques: on a rencontré pendant la journée deux autres duos de cyclistes qui faisaient eux aussi Montréal-Québec en une
journée... et comme on est en septembre, on peut présumer qu'il y en a beaucoup d'autres qui le font pendant que les journées sont plus longues!

Premier duo: un peu après Berthier, alors qu'on faisait une courte pause, on a été dépassé par deux gars, partis de St-Jerôme tôt le matin. Quelques kilomètres plus loin, Josée Nadia les a rattrapés... et leur a imposé un rythme tel qu'ils ont fini par décrocher! Moi qui était (de plus en plus) loin derrière, je les ai perdu de vue... puis 10-15 kilomètres plus loin, j'ai revu les deux gars arrêtés sur le bord de la route. Je crois que quand ils m'ont vu approcher, ils se sont empressés de réembarquer sur leurs vélos... Se faire dépasser par une fille, ça devait déjà être dur pour leur orgueuil, mais se faire dépasser par un vélo hybride, ça jamais! :-)

Deuxième duo: au centre-ville de Trois-Rivières, alors qu'on allait s'asseoir pour dîner, voilà deux autres cyclistes qui, eux, finissaient de dîner et repartaient, direction Québec. Ils étaient partis de Repentigny peu avant 7 h. Josée Nadia croit les avoir dépassés alors qu'ils étaient arrêtés dans un parc à Sainte-Anne de la Pérade.

Détail: aucun de ces 4 cyclistes n'avait de bagage. Reprennent-ils l'autobus le lendemain avec leurs cuissards encore humides? :-)

La température: rien à redire! La météo annonçait des averses dispersées à Montréal, TR et Québec à partir du début de l'après-midi, et des orages dispersés ensuite! Eh bien tout ce qu'on a eu, ce sont quelques gouttes pendant 30 secondes, à la sortie de
Cap-de-la-Madeleine, et puis plus rien! Il y avait encore des flaques quand nous sommes arrivés à Donnacona, il paraît qu'ils ont eu un gros orage à Québec, mais nous,
rien!

Vous voulez aussi faire Montréal-Québec?

- Non, il n’est pas nécessaire d’être des athlètes, aucun de nous deux ne l'est (et surtout pas moi, pour ceux qui me connaissent!). C’est plutôt une préparation psychologique : chacun de nous avait déjà fait une journée de 200 km dans le passé, et il s’agissait d’une boucle, donc on se disait que cette fois, on n'aurait jamais le vent dans le dos!
- Non il n’est pas nécessaire d’être super-équipé : témoin, le vélo hybride de Pascal.
- Rappelez-vous que c’est un parcours presque toujours plat, et que, si vous le faites de Montréal vers Québec, à moins d’être très malchanceux, vous aurez toujours le vent dans le dos.
- A partir de Berthier, et jusqu'à Québec, il y a toujours une piste cyclable ou un large accotement asphalté.
- Vous n’avez jamais fait plus de 100 km dans une journée? Commencez d’abord par en faire 125 ou 150. Vous serez surpris de voir que vous n’êtes pas nécessairement plus fatigué qu’après une journée de 100!
- Vous connaissez quelqu’un à Québec? Encore mieux : ça vous fait une raison de plus pour continuer, quand la fatigue tente de prendre le dessus.
- Encouragez-vous en cours de route : pour les uns, ce sera en calculant leur moyenne (« wow, je suis parti depuis 3 heures, et j’ai déjà x km! »), pour les autres en y allant un objectif à la fois (« d'abord, sortir de l’île »; « reste 30 km avant Berthier »; « on dîne à... »).

mardi 24 juillet 2007

Le bonheur

Le bonheur est dans le soleil qui chauffe la peau. La lumière qui illumine les paysages. La petite pluie qui ruisselle sur les cuisses. Le chevreuil qui s’approche alors qu'on le prend en photo. Le bruit des rapides qui nous accompagne tandis qu’on longe une rivière. La farniente sur une chaise Adirondack à Bristol. Et le verre de café glacé qui fait la différence quand l’eau ne suffit plus à la tâche...

Le bonheur, c’est d’avoir conquis la « terrible » montagne. C’est d’être arrivé à Boston, malgré l’énormité du défi. C’est, au retour en autobus, de revoir les montagnes défiler, et de savoir qu’on les a pédalées.

Le bonheur, c’est dans le dépassement de soi, la persévérance, le fait de se sentir vivant, d’avoir mainmise sur sa vie. C’est de mettre en branle des projets fous et de les accomplir. La liberté, quoi!

Les cyclistes dopés

Les coureurs du Tour de France se dopent avec des produits douteux. Nous aussi! Il s’appelle café latté glacé, et on le trouve en vente dans tous les bons Starbucks. Josée Nadia a développé la curieuse habitude de courir les Starbucks... mais seulement en voyage! Pascal, qui les fréquente davantage, a découvert que ceux du Dunkin Donuts, ma foi, n’étaient pas si pires... En fait, pour monter un col à 680 mètres, ou pour recharger les batteries après 132 kilomètres, ils font très bien la job!

dimanche 22 juillet 2007

Vision du "sky-line"

Il paraît que pour les automobilistes, entrer à Boston a déjà été très difficile. Pour nous, ça s’est fait comme un charme, la route 20 devenant boulevard urbain... Et ensuite, une piste cyclable longeant la rivière Charles nous a mené jusqu’au coeur de la ville, avec vue imprenable sur les lumières de Boston. Une expérience à vivre!

Visions du Massachusetts


Du Massachussetts nous aurons vu... beaucoup d’arbres! La majeure partie de notre parcours de côtes s’est fait à travers des rangées ininterrompues d’arbres. D’accord, des arbres, c’est beau, une forêt, c’est charmant. Mais 70 km, c’est un peu exagéré. D'autant qu'à la basse vitesse où on gravit les côtes, les mouches ont vite fait de nous rattraper! Et puis, on avait tout de même choisi cet itinéraire dans l’espoir de voir des montagnes!


Les villages ne nous ont pas non plus laissé une impression aussi forte qu’au Vermont. A leur décharge, il faut admettre qu’on était pressé d’arriver à Boston et qu’on passait plutôt vite. Mais ce n’est pas juste ça. Ce petit quelque chose indéfinissable qui fait le charme du Vermont, et qu’on retrouve dans les maisons, l’architecture, les rues, n’était pas tout à fait là au Massachusetts. Y a –t-il un Massachusettien dans la salle?

Vision du New Hampshire

Du New Hampshire, nous n’aurons vu qu’une quarantaine de kilomètres, le dernier jour, à partir de la sortie de Brattleboro, lorsque nous avons pris un pont pour franchir la rivière formant la « frontière » entre le Vermont et le New Hampshire (rivière Connecticut). Impression très étrange : ce n’est plus le bucolique et enchanteur Vermont, c’est un coin de pays qui semble plus pauvre, en tout cas plus délabré.


On trouve que même les paysages sont différents! On est passé du Vermont-cyclist-friendly à un New Hampshire qui ne semble pas se soucier des cyclistes: il n’y a plus de kilométrage, pas d’accotements...

Bon, donnons-leur au moins ça, l'extrême Sud-Ouest du New Hampshire a un beau pont couvert... :-)

Dernier jour: Brattleboro... Boston!

Rappelez-vous, on avait décidé de faire ce parcours en quatre jours. On savait, pour avoir vu l’itinéraire de la course Boston-Montréal-Boston, que la distance totale était d’environ 600 km. (un trajet aller-retour que le champion fait en... 48 heures!).

Mais à Brattleboro, au matin du 4e jour (22 juillet), combien de kilomètres nous restait-il à faire exactement? A l’oeil, certainement plus de 150, mais difficile de savoir combien exactement. Sur un terrain plat, ça ne nous aurait pas fait peur, mais si le parcours devait être aussi côteux que la veille et l'avant-veille, il allait être difficile de rallier Boston avant qu’il ne fasse noir. Or, pour ceux qui l’ont déjà fait, rouler à vélo dans des routes de campagne où il n’y a pas un lampadaire à des kilomètres à la ronde, c’est vraiment pas recommandé!

En fin de compte, le relief nous a un peu aidé : des vallons, parfois des côtes, mais rien d’aussi terrible que les deux jours précédents. N’empêche qu’on avait déjà plus de 450 km dans les jambes, et que la fatigue faisait son oeuvre. Tandis qu’aux paysages du New Hampshire succédaient ceux du Massachussetts, tandis que les villages se poursuivaient dans une certaine monotonie, les heures passaient.



A 19h30, pause devant un Dunkin Donuts (on vous en reparle plus loin). Là, un motocycliste n’en revient pas d’apprendre qu’on est parti de Brattleboro le matin. Eux aussi... mais ils ont un moteur! Il nous annonce qu’il nous reste environ 50 km jusqu’à Boston. Avec seulement une heure et demi de clarté, c’est beaucoup! Mais faire le parcours en plus de quatre jours, pas question! On repart donc, avec l’énergie du désespoir... et celle du Latte glacé du Dunkin Donuts!

Voilà donc vos deux cyclistes préférés qui, avec 132 kilomètres dans le corps, réussissent, pendant une heure, à filer à plus de 20 kilomètres/heure à travers les vallons et les villages formant la banlieue éloignée de Boston. Josée Nadia découvre que la ligne est mince entre cet ultime effort et le découragement. Les cuisses chauffent : comme elle le dit, si je m’étais arrêtée à ce moment-là, j’aurais été incapable de continuer.

Et à 20 heures 30, tandis que le soleil se couche dans notre dos, miracle! Nous voici à Waltham, là où la route 117 devient la route 20 et là où commence la véritable banlieue : zone urbaine, éclairage urbain. Nous sommes à Boston... et on est plutôt fiers de nous!