mardi 24 juillet 2007

Le bonheur

Le bonheur est dans le soleil qui chauffe la peau. La lumière qui illumine les paysages. La petite pluie qui ruisselle sur les cuisses. Le chevreuil qui s’approche alors qu'on le prend en photo. Le bruit des rapides qui nous accompagne tandis qu’on longe une rivière. La farniente sur une chaise Adirondack à Bristol. Et le verre de café glacé qui fait la différence quand l’eau ne suffit plus à la tâche...

Le bonheur, c’est d’avoir conquis la « terrible » montagne. C’est d’être arrivé à Boston, malgré l’énormité du défi. C’est, au retour en autobus, de revoir les montagnes défiler, et de savoir qu’on les a pédalées.

Le bonheur, c’est dans le dépassement de soi, la persévérance, le fait de se sentir vivant, d’avoir mainmise sur sa vie. C’est de mettre en branle des projets fous et de les accomplir. La liberté, quoi!

Les cyclistes dopés

Les coureurs du Tour de France se dopent avec des produits douteux. Nous aussi! Il s’appelle café latté glacé, et on le trouve en vente dans tous les bons Starbucks. Josée Nadia a développé la curieuse habitude de courir les Starbucks... mais seulement en voyage! Pascal, qui les fréquente davantage, a découvert que ceux du Dunkin Donuts, ma foi, n’étaient pas si pires... En fait, pour monter un col à 680 mètres, ou pour recharger les batteries après 132 kilomètres, ils font très bien la job!

dimanche 22 juillet 2007

Vision du "sky-line"

Il paraît que pour les automobilistes, entrer à Boston a déjà été très difficile. Pour nous, ça s’est fait comme un charme, la route 20 devenant boulevard urbain... Et ensuite, une piste cyclable longeant la rivière Charles nous a mené jusqu’au coeur de la ville, avec vue imprenable sur les lumières de Boston. Une expérience à vivre!

Visions du Massachusetts


Du Massachussetts nous aurons vu... beaucoup d’arbres! La majeure partie de notre parcours de côtes s’est fait à travers des rangées ininterrompues d’arbres. D’accord, des arbres, c’est beau, une forêt, c’est charmant. Mais 70 km, c’est un peu exagéré. D'autant qu'à la basse vitesse où on gravit les côtes, les mouches ont vite fait de nous rattraper! Et puis, on avait tout de même choisi cet itinéraire dans l’espoir de voir des montagnes!


Les villages ne nous ont pas non plus laissé une impression aussi forte qu’au Vermont. A leur décharge, il faut admettre qu’on était pressé d’arriver à Boston et qu’on passait plutôt vite. Mais ce n’est pas juste ça. Ce petit quelque chose indéfinissable qui fait le charme du Vermont, et qu’on retrouve dans les maisons, l’architecture, les rues, n’était pas tout à fait là au Massachusetts. Y a –t-il un Massachusettien dans la salle?

Vision du New Hampshire

Du New Hampshire, nous n’aurons vu qu’une quarantaine de kilomètres, le dernier jour, à partir de la sortie de Brattleboro, lorsque nous avons pris un pont pour franchir la rivière formant la « frontière » entre le Vermont et le New Hampshire (rivière Connecticut). Impression très étrange : ce n’est plus le bucolique et enchanteur Vermont, c’est un coin de pays qui semble plus pauvre, en tout cas plus délabré.


On trouve que même les paysages sont différents! On est passé du Vermont-cyclist-friendly à un New Hampshire qui ne semble pas se soucier des cyclistes: il n’y a plus de kilométrage, pas d’accotements...

Bon, donnons-leur au moins ça, l'extrême Sud-Ouest du New Hampshire a un beau pont couvert... :-)

Dernier jour: Brattleboro... Boston!

Rappelez-vous, on avait décidé de faire ce parcours en quatre jours. On savait, pour avoir vu l’itinéraire de la course Boston-Montréal-Boston, que la distance totale était d’environ 600 km. (un trajet aller-retour que le champion fait en... 48 heures!).

Mais à Brattleboro, au matin du 4e jour (22 juillet), combien de kilomètres nous restait-il à faire exactement? A l’oeil, certainement plus de 150, mais difficile de savoir combien exactement. Sur un terrain plat, ça ne nous aurait pas fait peur, mais si le parcours devait être aussi côteux que la veille et l'avant-veille, il allait être difficile de rallier Boston avant qu’il ne fasse noir. Or, pour ceux qui l’ont déjà fait, rouler à vélo dans des routes de campagne où il n’y a pas un lampadaire à des kilomètres à la ronde, c’est vraiment pas recommandé!

En fin de compte, le relief nous a un peu aidé : des vallons, parfois des côtes, mais rien d’aussi terrible que les deux jours précédents. N’empêche qu’on avait déjà plus de 450 km dans les jambes, et que la fatigue faisait son oeuvre. Tandis qu’aux paysages du New Hampshire succédaient ceux du Massachussetts, tandis que les villages se poursuivaient dans une certaine monotonie, les heures passaient.



A 19h30, pause devant un Dunkin Donuts (on vous en reparle plus loin). Là, un motocycliste n’en revient pas d’apprendre qu’on est parti de Brattleboro le matin. Eux aussi... mais ils ont un moteur! Il nous annonce qu’il nous reste environ 50 km jusqu’à Boston. Avec seulement une heure et demi de clarté, c’est beaucoup! Mais faire le parcours en plus de quatre jours, pas question! On repart donc, avec l’énergie du désespoir... et celle du Latte glacé du Dunkin Donuts!

Voilà donc vos deux cyclistes préférés qui, avec 132 kilomètres dans le corps, réussissent, pendant une heure, à filer à plus de 20 kilomètres/heure à travers les vallons et les villages formant la banlieue éloignée de Boston. Josée Nadia découvre que la ligne est mince entre cet ultime effort et le découragement. Les cuisses chauffent : comme elle le dit, si je m’étais arrêtée à ce moment-là, j’aurais été incapable de continuer.

Et à 20 heures 30, tandis que le soleil se couche dans notre dos, miracle! Nous voici à Waltham, là où la route 117 devient la route 20 et là où commence la véritable banlieue : zone urbaine, éclairage urbain. Nous sommes à Boston... et on est plutôt fiers de nous!

samedi 21 juillet 2007

Jour 3: arrivée facile... ou presque!

En début de soirée de cette 3e journée, vers 18h30, nous arrivons à Putney. Nous nous étions fixés pour objectif Brattleboro, 20 km plus loin, mais nous venons de passer l’après-midi à monter et descendre des collines. Sommes-nous capables d’arriver à Brattleboro avant l’obscurité? Un cycliste local, qui doit s’y connaître en cols puisqu’il vient de gagner, ce jour même, une médaille pour une montée sur le versant du Mont Washington (!!!), nous met en garde : parcours très côteux, très difficile.

Nous décidons tout de même d’y aller... et ça s’avère le tronçon le plus facile de la journée! Une heure à peine, et nous voilà déjà dans la banlieue de Brattleboro où nous passons devant une succession de motels. Petites natures, les cyclistes vermontois?

Plutôt que de nous arrêter dans cette banlieue aux allures de boulevard Taschereau, nous décidons de poursuivre jusqu’au centre-ville, quatre ou cinq kilomètres plus loin. Déception : il n’y a qu’un seul motel... et il est plein. Nous voilà obligés de revenir dans la banlieue...

... de repasser devant le Monstre du lac local...

...et au premier établissement, on nous apprend alors que tous les motels sont sans doute pleins : la ville accueille simultanément deux mariages et trois festivals : chiens, avirons... et Corvette! On fait des coups de fil, on s’informe à droite et à gauche, on se demande si on ne va pas devoir passer la nuit sur un banc d’église, ou dans un bar ouvert jusqu’à 3 heures du matin... On s’informe même à la porte d’un motel dont un des concurrents nous a prévenu qu’il est « creepy » : l’enseigne lumineuse est brisée, la peinture est écaillée, et vu de l’extérieur, il a tout à fait l’allure du motel de Norman Bates dans Psycho. Malheureusement (ou heureusement!), il est plein lui aussi!

Coup de chance : le dernier motel à l’entrée de la ville (ou le premier, si on s'était arrêté en arrivant!) a une dernière chambre : en fait, une suite... à deux étages! 137$ pour la nuit, c’est pas cher payé dans les circonstances!